Internet et les réseaux sociaux ne vous laissent pas beaucoup de repos. Dans cette ambiance qui n’a de cesse de vous dire de manger plus ou moins comme ci, de travailler mieux ou différemment, d’avoir des objectifs, de devenir quelqu’un, de vous épanouir … on en finit par passer sa vie à scruter les autres.

Pourquoi nous comparons-nous aux autres ?

Nous avons besoin de nous comparer en permanence, c’est dans la nature humaine. Mais pourquoi est-ce un besoin ? Simplement parce que « c’est notre façon de comprendre et d’appréhender le monde », nous explique Cécile Pichon, RH et psychologue du travail. « Analyser son environnement, c’est créer un référentiel et comparer tout ce qui est nouveau avec ce qui a déjà été observé. » Se comparer, c’est situer les choses et cela nous permet de structurer notre pensée. Lutter contre reviendrait donc presque à essayer d’arrêter de penser. Ceux qui y arrivent ne sont pas enviables …

Cela reste à nuancer vous l’aurez compris, car se comparer est avant tout une chose naturelle. Si ça a du bon et que cela peut être une source de motivation et de dépassement de soi, il faut quand même y faire attention. Car se comparer aux autres c’est prendre le risque de s’enfermer dans un schéma rigide ou négatif. Un schéma qui manquerait de nuances, et qui nous conduirait à tirer des conclusions qui nous isolent, souvent peu valorisantes, donc mauvaises pour l’estime de soi. Ce n’est pas le but de la manœuvre.

Se comparer aux autres, c’est “oui”, mais à certaines conditions. Il suffit d’y ajouter un minimum d’objectivité. Et c’est toute la difficulté !

7 conseils pour se comparer de manière prolifique :

  • Comment vous percevez-vous ? Devenir conscient de la façon dont vous vous voyez, c’est le premier pas pour changer cette perception. Autrement vous pourriez ne pas vous rendre compte qu’il y a un souci. Ce n’est pas facile de changer : en réalisant comment vous vous percevez, cela devient plus simple, car vous pouvez par exemple vous fixer des objectifs réalisables dans le but de modifier un trait de votre comportement.
  • Essayez de vous rappeler comment tout cela a commencé. Il vous faut trouver le moment « déclencheur » de cette mauvaise habitude. Vous n’êtes pas né comme ça. Pour preuve, les enfants ne se comparent pas. Vous l’êtes donc devenu. Pourquoi ? Comment ? Depuis quand ? C’est à vous de trouver les réponses à ces questions. Vous pouvez par exemple vous souvenir de votre enfance avant que vous ne vous compariez à un frère ou une sœur. Cette habitude de vous comparer s’est peut-être initiée à cause d’un sentiment de rejet et vous pouvez maintenant analyser la naissance de ce comportement. Le plus difficile est d’accepter l’impact négatif que cela a sur vous. Et réfléchissant à la façon dont votre humeur est affectée, vous serez sans doute plus enclin à changer.
  • Valorisez vos différences : Il existe divers chemins pour arriver au même point. Il ne faut pas s’inquiéter de vos différences, bien au contraire, il faut les valoriser. Ce sont elles qui vous pousseront à la réflexion et vous permettront d’avancer.
  • Osez demander des conseils : L’envie est un mauvais angle d’un bon réflexe : l’analyse de l’autre. Être envieux c’est seulement ne pas avoir le courage de s’inspirer de l’autre, jalouser sa réussite ou ses agissements au lieu de faire en sorte de créer le même écosystème de réussite chez vous. Si quelque chose vous plaît chez un collègue, observez bien sa manière de faire, ou mieux, demandez-lui des conseils et mettez tout en œuvre pour progresser.
  • Apprenez à vous connaître. Posez-vous les bonnes questions et apprenez à vous connaître. Puis, faites en fonction de vous, de vos aspirations personnelles et non du regard des autres. Ce qui vaut pour le voisin, ne vaut pas forcément pour vous.
  • Agir plutôt que se comparer : la comparaison doit être la première étape de votre « stratégie ». Fort de la comparaison et de l’observation, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Alors faites-le.
  • Apprendre à prendre de la distance : Chaque jour, prenez le temps de vous questionner sur les choses qui vous ont rendu heureux, ou on procurer un sentiment de satisfaction. Deux avantages à cela : constater que vous avez également droit à votre dose de bonheur quotidien, et s’en rappeler c’est y être plus sensible encore ; apprendre à vous connaitre et créer plus facilement les conditions de votre propre bonheur. On n’est jamais mieux servi que par soi-même …
    Prendre de la distance, c’est aussi savoir s’éloigner des sources d’anxiété au premier rang desquelles on trouve les Instagram, Facebook et autre Pinterest. Le bébé n’est pas à jeter avec l’eau du bain. Ces réseaux ressemblent à ce que vous voulez en faire. Pour autant, cet étalage de perfection permanente peut, à terme, vous donner le sentiment d’une médiocrité de votre existence. Les intérieurs scandinaves sont sûrement très instagrammables, mais votre intérieur bordélique est peut-être finalement ce qui vous plait vraiment à vous. Cette influence vegan/freelance/healthy/fitness a une plastie incroyable, mais est-ce la vie dont vous rêvez ?