Ce n’est pas parce que vous n’avez pas pris vos runnings en vacances que vous ne pouvez pas courir. Entre deux baignades, un petit run pieds nus dans le sable vous fera le plus grand bien.

Lorsque vous vous réveillez de la sieste bien sentie sous le parasol, saisissez le petit nuage de motivation qui flotte dans l’air pour vous lancer dans un run de quelques dizaines de minutes. Vous aurez la classe, et vous récolterez de nombreux bénéfices sportifs. Le premier avantage que vous en tirerez sera au niveau musculaire. Le sable étant une surface meuble, vos muscles des jambes travailleront davantage à chaque foulée. Mollets, quadriceps, fessiers, ischios, tous ces muscles seront plus sollicités, ce qui sera fructueux pour vos courses habituelles.

Alain Duhamel, entraîneur au club Touquet Trail Nature, connaît bien cette surface. Il vit entouré de plages longues de plusieurs kilomètres et emmène parfois ses athlètes sur le sable pour des séances spécifiques : « Courir sur le sable est un bon exercice pour une séance de préparation physique généralisée (PPG). » La PPG, c’est tout un tas d’exercices qui vont permettre de renforcer les muscles pour être plus performant en course et éviter les blessures. Et pour les éviter, justement, l’idéal est de préparer le corps à la course sur le sable : « Quelques talons-fesses, montées de genoux, voire une chaise de quelques secondes permettra à votre corps de supporter les efforts supplémentaires de la course sur le sable.» Encore faut-il trouver un mur sur la plage pour vous adosser et faire votre chaise.

Une meilleure prise d’appui

Courir sur le sable, c’est aussi une bonne occasion pour changer votre type de foulée si vous avez une prise d’appui par le talon. Déconseillé par tous les spécialistes, l’appui talon engendre l’apparition de blessures, notamment articulaires. Sur le sable, le risque de blessure s’efface au détriment du risque d’épuisement : « Comme le sable est fuyant, il faut davantage pousser sur le pied, poursuit le coach Alain Duhamel. Avec le talon, vous allez vous enfoncer dans le sable. Il vaut donc mieux avoir une foulée plus dynamique et attaquer médio-pied pour ne pas perdre trop d’énergie. »

Le running sur le sable va également vous procurer une meilleure stabilité sur votre prise d’appui. « Le fait de courir pieds nus sur le sable va réveiller certains muscles, habituellement au repos à cause de la chaussure, et vous permettra d’avoir des appuis plus solides » explique Alain Duhamel.

Quelques précautions

Pour ne pas avoir de mauvaises surprises en courant sur le sable, il vaut mieux respecter quelques précautions. D’abord, ne pas enchaîner 10 bornes pour votre premier run si vous n’avez jamais couru sur le sable. Cela entraînera une sursollicitation de tous les muscles cités plus haut et vous risqueriez de vous blesser.

Et si vous avez la chance d’avoir de longues vacances, ne vous amusez pas non plus à courir tous les jours sur le sable. Car au-delà d’une blessure musculaire, vous pourrez faire naître une tendinite du gros orteil, car c’est lui qui donne l’impulsion en course à pied, et il travaille en excès sur le sable. Mises à part ces petites règles de bon sens, faites vous plaisir et sachez une chose : une baignade après un run, ça a bien plus de saveur.