« Les gars, je dois me focus sur un sujet pendant un moment, je mets mes écouteurs ! » Vous voilà enfermé dans votre bulle musicale. Rien ne peut interférer entre vous, vos idées et votre productivité. Le monde extérieur est loin et vous en êtes imperméable. Il faut dire qu’à l’heure des open spaces et des espaces de travail partagé, ou co-working, c’est un moyen simple de recréer autour de soi un semblant d’intimité.

Le choix de la musique maintenant. Entraînante, calme, avec paroles ? Tout est affaire de goût. Mais êtes-vous bien sûr d’être plus productif lorsque vous êtes équipés de vos écouteurs ? Est-ce que la musique ne viendrait pas plutôt perturber votre concentration et altérer votre production ? C’est la question que nous nous sommes posés et à laquelle nous avons, comme à notre habitude, trouvé des éléments de réponse pour que vous sachiez si oui ou non, bosser en musique est une bonne chose.

Sur le sujet, il y a un ouvrage qui fait référence : This is your brain in music, de Daniel Levitin, musicien et chercheur en psychologie cognitive. Pile dans le sujet. En le lisant, on y apprend notamment que la musique viendrait parasiter les circuits actifs de nos fonctions cognitives ; lire, écrire, communiquer. Ainsi, en écoutant de la musique, nous serions moins à même d’accorder toute l’attention nécessaire à notre tâche principale. La musique pour se donner à fond dans une mission qui nécessite beaucoup de concentration ? Pas la meilleure idée du monde donc.

Posez donc ces écouteurs et au boulot ! Oui, mais … ce n’est pas si tranché non plus. « La musique capte facilement notre attention : dès qu’il y a de la musique dans l’environnement, le cerveau se synchronise très naturellement » explique Hervé Platel, chercheur en neuropsychologie de l’Université de Caen. Qu’est-ce qu’il faut comprendre ? Que si vous devez enchaîner les tâches répétitives ou monotone, la musique se transforme en alliée : « la musique stimule, relaxe, calme la douleur, mais a aussi la capacité d’augmenter la plasticité du cerveau et de provoquer les modifications au niveau des connections synaptiques » poursuit le chercheur.

Et ça pour le coup, on le sait depuis un moment. Dans les années 70, certains patrons d’usines mélomanes avaient constaté qu’en diffusant de la musique sur les chaines de production, les ouvriers mettaient plus de cœur à l’ouvrage. Des collaborateurs ravis de travailler, super ! Oui, enfin surtout un rendement amélioré. C’est quand même ce qui est le plus intéressant.

Le bon son au bon moment

Pour habiller vos journées de la bonne tonalité, plusieurs solutions s’offrent à vous. Pour commencer, le format. Afin que l’ambiance reste la même, la playlist est clairement votre meilleur ami. Deezer, Spotify, Apple Music, SoundCloud ou encore Youtube, la palette d’outils à dispo est large et vous devriez facilement trouver votre bonheur.

D’autant que certaines plateformes vous proposent même des playlists thématiques en fonction du moment de la journée, et donc de votre état d’esprit.

Et pour le choix de la musique alors ? On part plutôt sur du heavy metal, de la house un peu deep pas trop trans sans basculer dans le dark mais qui reste très smooth, ou alors les derniers sons du moment ?

Voilà nos conseils :

  • Privilégier la musique dite “instrumentale” : même si vos cours de langues étrangères n’ont laissé aucune trace dans votre mémoire, le fait d’entendre des paroles stimule les zones liées au langage de votre cerveau. Sans vous en rendre compte, vous cherchez à décrypter ce que vous entendez. Autant de ressources intellectuelles qui ne sont pas allouées à ce que vous êtes en train de faire.
  • Choisir des artistes, albums ou morceaux que l’on connaît déjà : la musique permet la libération de dopamine. Si vous ne connaissez pas les compositions que vous écoutez, votre cerveau passera par le circuit de la récompense à tel point que vous pourrez plus facilement perdre toute concentration.
  • Écouter de la musique enjouée : même si la caractérisation d’une musique est subjective, ce point jouera un rôle important sur l’impact de la musique sur votre travail. Si l’écoute vous donne envie de taper du pied voire de hocher la tête c’est toujours mieux que si elle vous donne envie de fondre en larme.
  • Trouver une musique adéquate en fonction de ce sur quoi vous travaillez : selon ce que vous faites, la musique peut être un véritable accélérateur ou n’être qu’une entrave à votre implication. Le bon choix vous permettra de bénéficier d’un véritable turbo. Pas besoin d’explications précises, vous vous rendrez très vite compte de quoi il s’agit en entrant en flow avec votre travail. S’il vous faut des pistes, je vous recommande d’aller faire un tour sur Toggl : une belle infographie vous fera quelques suggestions.
  • Ne pas oublier le bouton pause : s’il existe beaucoup de tâches que l’on peut accomplir avec de la musique, il en existe certaines pour lesquelles il faut savoir travailler en silence.
  • Ça rend sourd : les constructeurs rivalisent toujours plus d’ingéniosité pour réduire les bruits alentour. Vous êtes dans votre musique, mais avant tout dans votre entreprise et si quelqu’un a besoin de vous, n’attendez pas qu’il lance une fusée de détresse. Faites-en sorte de rester disponible. En plus de ça, une écoute prolongée peut endommager votre oreille interne.
  • Prêter attention à vos collègues : dernier point à prendre en compte et sans doute le plus important. Si vous avez un casque ou des écouteurs, ce n’est pas le cas de tout le monde au bureau, alors évitez les solos de batterie sur le coin du bureau ou le volume trop fort qui pourrait déranger.