Le chocolat a des vertus nutritionnelles que l’on ne soupçonne pas… Pris au bon moment, il peut avoir un impact positif sur notre organisme.

Contrairement à certaines idées reçues, manger avec parcimonie le chocolat peut être bon pour la santé Faisons le point sur les bienfaits de notre gourmandise préférée de l’hiver avec Nicolas Aubineau, diététicien nutritionniste du sport.

Le choisir au plus proche de la fève

A force de le consommer sous une forme transformée, on en oublierait presque que le chocolat est un aliment naturel. On le tire de la fève de cacao. Plus vous le choisissez proche de sa forme naturelle, soit noir, mieux c’est : « Cela permet de rester au plus proche des vertus nutritionnelles originelles de la fève de cacao, certes plus gras, mais moins sucré que le chocolat au lait. » Privilégiez une tablette à 70,80 voire 90 % de cacao. Et si vous prenez une dose raisonnable mais régulière en complément d’une alimentation équilibrée, « cela agit même comme l’homéopathie ! », indique le spécialiste. 

Sans surprise, le blanc contient beaucoup de sucre, parfois jusqu’à 75 % ! « Il faut l’éviter au maximum car ce n’est plus du chocolat en l’état, ou alors, juste pour le plaisir en décoration pour apporter des sensations agréables au niveau visuel et gustatif. » Si vous optez pour du chocolat au lait, n’oubliez pas qu’il est également sucré et donc qu’il vaut mieux le consommer si vous faites un effort physique.

Des vertus nutritionnelles insoupçonnées

Le chocolat possède des vertus nutritionnelles excellentes pour notre organisme. D’une part, c’est un aliment pauvre en sodium mais riche en magnésium et en potassium. « Il est donc intéressant de le consommer en prévention des maladies cardiovasculaires, selon Nicolas Aubineau. Cela veut aussi dire qu’il a des vertus relaxantes sur le système neuromusculaire et qu’il participe à son bon fonctionnement ». Le cacao contient également du phosphore et du cuivre. « Des composants qui participent à l’équilibre osseux et mental. Ils ont aussi un rôle dans le système nerveux et au niveau des défenses naturelles ». Enfin, il se compose aussi de fer et de vitamine B12 qui « participent à la synthèse des globules rouges qui transportent l’oxygène au sein de l’organisme. » 

Selon l’heure de consommation, il agit différemment sur le corps. Avant ou pendant le sport, il peut procurer un effet dynamisant non négligeable : « Le chocolat contient des molécules excitantes comme la caféine et la théobromine qui interviennent au niveau cérébral comme un stimulant. » Ce n’est pas un hasard si on le compare souvent au café. Ne pas non plus négliger son effet constipant qui peut s’avérer utile « si on est sujet à des crampes au foie, par exemple. Il limite les reflux gastro-œsophagiens. Mais tout ça reste du cas par cas. »

Attention au craving !

Tout est donc une question de dosage. Pour Nicolas Aubineau, il ne faut pas dépasser une demi plaquette par jour : « Cela équivaut à 4 à 5 carrés, soit 40 à 50 g maximum. L’idée est de se faire plaisir sans tomber dans la dérive. » C’est là aussi l’intérêt de choisir un chocolat noir qui risque de vous rassasier plus vite qu’un plus sucré. « Plus il est proche de la fève, plus il est amer et donc plus on sature rapidement. Ce qui permet d’éviter de tomber dans l’excès. » 

Il faut donc rester raisonnable. Car s’il se montre avoir des atouts pour notre organisme, le chocolat peut vite devenir nocif : « Le craving est une prise hyper aigue qui va venir limiter l’appétit donc les repas et on va se retrouver avec des problèmes de boulimie. » Quant à tous les chocolats transformés que l’on croise dans les rayons, le constat est sans appel : « Ce n’est pas bon. C’est sucré à outrance, gras et avec de l’huile de palme. C’est une bombe énergétique. On peut faire quelques écarts mais pas trop car cela va venir contrarier l’hormone de stockage l’insuline. » Nous voilà prévenus.

Si vous craquez plus que de raison, ne vous flagellez pas. Sachez que le corps a une mémoire de 48h. « Au niveau alimentaire, faire un écart 1 à 2 fois par semaine est acceptable et le corps l’assimile bien. Cela signifie que si c’est ponctuel, cela n’aura pas le temps de marquer l’organisme, comme la prise de poids. » 

Chloé Joudrier